Les premiers pas impopulaires du shôjo manga de SF
De 1956 à 1965 : On plante les graines de la soft SF.
Dans le billet sur la SF de Keiko Takemiya avant Destination Terra, j’ai noté qu’il n’y avait pas beaucoup de shôjo manga de ce genre avant elle, et même avant l’émergence des autrices du Salon Ôizumi au début des années 1970. Puis, petit à petit, grâce aux fans et aux cercles d’amatrices de shôjo comme Love Moto et Queen présentes avec le cercle Meikyû au Comiket en 1975, puis aux prix remis à Moto Hagio en 1976, on atteint enfin la popularité tant attendu. Il faut découper en deux la période allant du milieu des années 1950 à 1975, avec d’un côté 1956 à 1965, et de l'autre 1969 à 1975.
Comme je pense qu’il vaut mieux coupler la seconde période avec la genèse du Groupe de l’An 24, aujourd’hui on va n’observer que la première période. J’ai noté une mangagraphie en bas de ce billet. Puis je me permettrai d’ajouter d’autres détails quand je tombe sur des nouvelles ressources.
A l’heure actuelle, on peut faire remonter ces premiers pas jusqu’en 1956. Il y a vraiment très peu de titres. Sans grande surprise, ce sont d’abord des hommes qui exploitent le genre en manga dans les pages des magazines shôjo. A l’exception de quelques rares autrices comme Masako Watanabe et Hideko Mizuno, il n’y a de toute façon que bien peu de femmes qui dessinent du manga dans les magazines. Elles sont essentiellement tournées vers d’autres genres, sinon vers les romans et les histoires illustrées. J’ai aussi pensé qu’on avait d’abord de la soft SF car on parle toujours des débuts de la hard SF dans le shôjo manga à partir des années 1970, comme si ce qui existait avant ne méritait même pas un coup d’œil. (soupir…)
On commence avec Yûrei shôjo de Shôtarô Ishinomori, publié dans Shôjo Club entre 1956 et 1957. Ishinomori a commencé sa carrière professionnelle en décembre 1954 avec le manga Nikyû Tenshi dans Manga Shônen. Il commence à dessiner du shôjo manga dans Shôjo Club en 1956 après la fin du magazine Manga Shônen. A ce moment-là, il arrivait tout juste à Tokyo, d’abord dans le quartier de Shimo-ochiai, puis à la résidence Tokiwasô en mai.
Un jour pluvieux, deux jeunes détectives de l’agence Hayabusa observent une jeune fille disparaître sous leurs yeux comme un fantôme. Celle-ci ressemble comme deux gouttes d’eau à Yuriko Tani qui fait aussi partie de cette agence. Les détectives réalisent peu à peu que ces apparitions et disparitions ressemblent étrangement au mode opératoire du voleur surnommé 4.
Tout d’abord, merci à Julia pour m’avoir parlé de ce titre. Il est noté dans une interview de Moto Hagio à la fin du volume d’Une infinité de jours et de nuits, mais dans aucune autre de mes ressources. Alors, qu’est-ce qui fait SF dans cette histoire ? Eh bien parce qu'Ishinomori développe le concept de la quatrième dimension en l’expliquant de façon théorique. Et autant dire qu’il l’intègre bien à son récit.
A gauche, un détective explique les différences entre la seconde, troisième et quatrième dimension. A droite… Hum, j’en dis déjà trop. 🤫
Ensuite, nous avons Umi wa shitteru, de Kazuhiko Tanigawa. Il a été publié en deux parties, en supplément du magazine Nakayoshi de janvier et février 1958.
Namiko et son père voyagent en navire jusqu'à Hawaii pour rejoindre leur oncle. Sur le navire, Namiko rencontre le professeur Kishimoto et sa fille, Ruriko, avec qui elle se lie d’amitié. Dans la nuit, dû à sa ressemblance frappante avec le professeur Kishimoto, le père de Namiko est kidnappé par erreur par le gang Akuma. Il reprend connaissance dans une usine de traitement d’énergie atomique. Pris pour le professeur Kishimoto, on cherche à lui soutirer des informations sur l’énergie G.R. qui leur permettrait de produire des bombes à hydrogène.
Si les recherches sur la bombe à hydrogène étaient déjà connues dans le monde à l’époque de la publication du manga, les détails étaient encore maintenus dans le plus grand secret. Du point de vue du Japon, cela peut être perçu comme de la SF en exploitant l’idée avec des sources d’énergie imaginaires. Ensuite, tout dépend du niveau de détails autour de cette ressource, mais je n’ai pas toute l’histoire sous la main. Scénaristiquement, on devine quand même qu’on est sur du thriller d’espionnage comme il y en avait tant à cette époque.
Avec l’histoire suivante, Harukanaru kuni kara kita shôjo, de Shôtarô Ishinomori (Shôjô Club Zôkan, numéro spécial été 1958), l’aspect SF est nettement plus visible.
En 1999, Miiko s’inquiète pour son grand frère Hiroshi. En effet, celui-ci fait partie de la première expédition vers Mars. Le voyage durera trois ans. Malheureusement, on apprend que le voyage est un échec et qu'il y a peu de chance de revoir tout le monde vivant. Mais grande nouvelle pour le Japon, Hiroshi est le seul en mesure de revenir. De retour sur Terre, les médecins le prennent pour un fou. Hiroshi raconte son histoire à sa sœur en l’implorant de le croire. À un mois de sa destination, la fusée a traversé une ceinture d’astéroïdes et a dû atterrir en urgence sur la planète. Mais Hiroshi a constaté en ouvrant la trappe qu’il a atterri sur Terre !
Je ne sais pas vraiment ce qu'il se passe par la suite, si ce n'est que Hiroshi rencontre une certaine Rimy qui l’aide à rentrer sur sa Terre. Il me manque une dizaine de pages de ce premier chapitre. Mais le dessin et la manière de raconter me branchent nettement plus que l'histoire précédente ! En fait, je trouve qu’Ishinomori, mais aussi Leiji Matsumoto, savent bien employer les éléments qui plaisent aux lectrices de cette époque, comme les contes et les légendes, la tragédie et la poésie, les mondes lointains, les aventures romantiques, etc. Ils se servent avant tout de ces éléments avant d’y intégrer une touche SF. Ce sera aussi l’approche de Hideko Mizuno à partir de 1960, mais aussi de Keiko Takemiya des années plus tard.
En 1959 dans le magazine Hitomi, on a une série plus longue que les autres avec Super Rose de Kyûta Ishikawa.
Dans le but de saboter les recherches scientifiques du professeur Makimura, le gang Kaima kidnappe sa fille, Mayumi. Mais une météorite tombe soudainement et permet à la jeune fille de se transformer en Super Rose ! En se transformant, Mayumi peut vaincre tous ses ennemis grâce à sa nouvelle force prodigieuse, elle peut voler, faire rebondir les balles à l’aide de sa cape et tirer des charges électriques. Son seul défaut est la rose située devant sa poitrine. La toucher ici lui fait perdre tous ses moyens. Super Rozu, faito !
La protagoniste du manga publié entre les numéros d’avril 1959 et avril 1961 serait la première super-héroïne dans un shôjo manga de SF. Jusqu’à preuve du contraire, évidemment. Deux ans de publication est très rare à cette époque, encore plus dans un magazine shôjo. Cela justifierait amplement sa popularité, mais le titre n’a finalement jamais connu de sortie en volume, pas avant 1993 par Apple Box.
Quand on regarde le début de la mangagraphie, on sent qu’il y a eu une tentative d’amener la SF dans les magazines shôjo en 1959. Mais comme l’explique Yoshihiro Yonezawa dans Shôjo Manga no Sekai I, les lectrices n’y trouvent que peu d’intérêt. Ok, mais Super Rose m’a quand même l’air de plutôt bien marcher.
A partir de 1960, on voit arriver des artistes féminines comme Hideko Mizuno et Chieko Hosokawa. On entre peu à peu dans la reprise en main des magazines shôjo par les femmes.
Ici je mets en relief Hoshi no ko de Hideko Mizuno, publié dans Nakayoshi de septembre 1960, et Hoshi no Nagisa de Chieko Hosokawa, publié dans Shôjo Friend à partir de 1964.
Dans Hoshi no Ko, on suit Gorô, un étudiant en astronomie qui découvre une étoile des plus mystérieuses. En effet, celle-ci brille de plus en plus et se rapproche de la Terre. Après un flash de lumière, Gorô trouve une petite angesse assise sur le rebord de sa fenêtre. Elle s’appelle Chiru. Elle vient de l’étoile qu’il vient de découvrir, mais elle ne peut rester très longtemps. Durant leur balade, Gorô l’observe guérir les gens avec un étrange pouvoir. Qui est-elle vraiment ? Il tente d’expliquer sa découverte à un congrès de scientifiques, mais tout le monde se moque de lui. Quand il observe à nouveau par le télescope, Chiru revient et lui offre une fleur extraordinaire en quartz bleue qui pousse dans de la poussière d’or. C’est la preuve dont il a besoin pour retrouver la confiance de ses pairs. Or, la composition de cette fleur est une opportunité en or. Les chercheurs en veulent plus, toujours plus, soi-disant pour s’en servir afin de découvrir les mystères du cosmos. Alors Gorô en demande davantage à Chiru sans savoir que cela détruit peu à peu son étoile. Pire encore, les chercheurs finissent par vouloir l’étoile toute entière ! La pression finit par avoir raison de Chiru qui décide de quitter la Terre une bonne fois pour toute et d’éloigner son étoile le plus loin possible.
J’aime toujours la moralité des histoires de Hideko Mizuno. On devine aisément qu’elle montre la cupidité des hommes en vidant un autre monde de ses ressources sous de faux prétextes. Les personnages ont des points de vue différents et changeants. Mari, la jeune femme qui aide Gorô, si elle apprécie au début les fleurs en quartz pour leur beauté, elle n’aime pas voir Chiru triste et souhaite que Gorô arrête de ne penser qu’à son travail qui n’apporte que du malheur à Chiru. Quant à Gorô, il était bel et bien persuadé que les chercheurs amélioreraient la science grâce aux ressources de l’étoile de Chiru, mais il change d’avis en apprenant qu’ils n’étaient que intéressés par l’argent. L’histoire ne fait qu’une vingtaine de pages, mais elle en dit beaucoup.
Et bien sûr, malgré la forme d’angesse de Chiru, qui fait référence aux chérubines du christianisme, il s’agit bien d’une extraterrestre. Or on laisse la place à l’imagination et on met en avant un effet secondaire social.
Venons en à Hoshi no Nagisa, de Chieko Hosokawa et Ichirô Kanô.
Une jeune fille est retrouvée endormie sur une plage. A son réveil, on constate qu’elle a perdu la mémoire, alors on la surnomme Nagisa. A l’aide de son pouvoir, elle guérit la maladie de son amie Natsuko, et parvient à redonner à Kyôta la motivation nécessaire pour avancer dans la vie. Un jour, le père de Nagisa vient depuis l’espace pour la retrouver…
La série a été publiée dans Shôjo Friend entre 1964 et 1965. Chieko Hosokawa est au dessin et Ichirô Kanô à l’histoire. Hosokawa commence sa carrière dans le manga en 1958, et son plus grand manga est certainement Ôke no Monshô, publié à partir de 1976 dans le magazine Princess. Quant à Kanô, qui est surtout connu pour ses polars, il écrivait aussi de la SF à ses débuts, dont des scénarios pour les séries d’animation Eightman et Super Jetter. Cependant, sur le site toshionoie.net, on considère Hoshi no Nagisa comme un manga de fantasy malgré l’origine extraterrestre de sa protagoniste. La raison pourrait être qu’on s’intéresse plus aux interactions entre les personnages avant de saisir son origine, chose qui n’est pas si importante que ça pour faire avancer l’intrigue.
Dans le billet précédent, j’ai également noté que Destination Terra est la première grande œuvre de SF 'véritable' de Keiko Takemiya. Par ‘véritable’, je fais référence à l’expression japonaise honkaku(teki) SF. Honkaku a le sens de véritable et d’authentique, mais l’expression toute entière signifie hard SF. Celle-ci est une expression anglophone qui apparaît dans les années 1950 pour mettre en avant des précisions et une logique scientifique dans les histoires de l’âge d’or. En gros, ce sont des histoires où on explique théoriquement les sciences naturelles, la physique, les mathématiques, la biologie, ou la chimie, même s’il y a toujours une bonne grande dose d’imagination. A côté de ça, l’expression soft SF, née dans les années 1970, fait plutôt référence aux sciences sociales, comme l’anthropologie, la sociologie, la politique et la psychologie. On s’en sert aussi pour parler des œuvres de SF dont l’aspect technique reste au second plan. Luna no taiyô de Keiko Takemiya serait un bon exemple. L’intrigue se passe dans le futur, il y a des robots, mais on s’intéresse à l’interaction entre les robots et les humains, et on remarque que les robots ont remplacé les humains dans divers travails, cela sans évoquer les raisons pour laquelle ces robots existent ni l’usage de lois robotiques. Idem avec Hoshi no ko de Hideko Mizuno qui démontre la cupidité des hommes sans montrer à quoi on va aboutir avec le quartz bleu. Les deux histoires ne cherchent pas à explorer une science naturelle. Et elles ne méritent pas qu’on les esquive sous prétexte que ce n’est pas de la hard SF. Il en sera de même avec tout ce qui sera publié entre 1969 et 1975.
Je recommande de lire ces définitions du site sfdictionnary.com.
Et j’ai aussi trouvé cette chouette vidéo de Horizon Universe en faisant mes recherches. Elle définie la Soft SF et illustre parfaitement le topo.
Soft SF est une expression très pratique car on ne savait pas trop où ranger la SF non naturelle auparavant, même si on peut trouver des centaines d’exemples qui font appel aux deux. Je pense qu’on devrait s’en servir un peu plus si cela peut permettre de mettre en lumière des nouvelles facettes du shôjo manga, mais aussi du manga dans son ensemble. Car je trouve que c’est toujours le même discours depuis 50 ans, sans jamais chercher à intégrer le shôjo manga convenablement dans les livres d’histoire du manga (qui sont plutôt des livres d’histoire du shônen et du seinen quand on regarde bien…), et ici je ne parle que du milieu de ces livres au Japon.
Merci d’avoir lu ce billet. N’hésitez pas à le partager et à vous abonner si ce n’est pas déjà fait.
Si un point de cet article vous interroge, car je ne le vois pas toujours par moi-même, faites le moi savoir. :)
Liste non exhaustive des shôjo manga de SF jusqu’en 1975.
1956
Yûrei shôjo (Shôtarô Ishinomori, Shôjo Club)
1957
1958
Umi wa shitteru (Kazuhiko Tanigawa, Nakayoshi)
Harukanaru kuni kara kita shôjo (Shôtarô Ishinomori, Shôjo Club Zôkan)
1959
Super Roze (Kyûta Ishikawa, Hitomi, ~1961)
Hoshi kara no aizu da! (Masao Ôtake, Shôjo)
Watashi no na wa Mima (Shintarô Tatsumi, Shôjo Club)
Midori no yûhi (Shintarô Tatsumi, Shôjo Club)
Koori no okaa-san (Akira (Leiji) Matsumoto, Shôjo)
Uchû shôjo Yuri (Kunio Watanabe, Hitomi)
1960
Hoshi no Ko (Hideko Mizuno, Nakayoshi)
Kaseki no mori no tenshi (Akira (Leiji) Matsumoto, Shôjo Club Zôkan)
Angel no oka (Osamu Tezuka, Nakayoshi, ~1961)
1961
Hoshi no ko (Shinpei Noro, Shôjo Book, ~1962)
Kinô wa mô konai, da ga asu wa mata… (Shôtarô Ishinomori, Shôjo Club Zôkan)
1962
Kiri to bara to hoshi to (Shôtarô Ishinomori, Shôjo Club Zôkan)
Tuonela no hakuchô (Hideko Mizuno, Shôjo Club Zôkan)
1963
1964
Hoshi no Nagisa (Chieko Hosokawa, Ichirô Kanô, Shôjo Friend, ~1965)
Cecilia (Hideko Mizuno, Margaret)
1965
Kin’iro no me no shôjo (Shôtarô Ishinomori, Shôjo Friend)
Kurai sora no hate ni (Machiko Satonaka, Shôjo Friend)
1966
1967
1968
1969
Luna no taiyô (Keiko Takemiya, Nakayoshi)
Daniil (Jun Morita, Ribon Comic)
1970 (Fondation du Salon Ôizumi)
Bakuhatsu Kaisha (Moto Hagio, Bessatsu Nakayoshi)
Heart wo agemasu! (Keiko Takemiya, Funny)
1971
Hip ga ippai (Keiko Takemiya, Shôjo Comic)
Bettyann yo kaere (Senna Kôzaki, adapté du roman Bettyann de Kris Ottman Neville, Shôjo Friend)
Seirei-gari (Moto Hagio, Bessatsu Shôjo Comic)
1972
Chikyû saigo no otoko no hanashi (Kayono Saeki, Ribon Zôkan)
Asobi-dama (Moto Hagio, Bessatsu Shôjo Comic)
Roku-gatsu no koe (Moto Hagio, Bessatsu Shôjo Comic)
1973
Moshimo… (Kayono Saeki, Ribon Zôkan)
Gogo go ji ippun mae…! (Kayono Saeki, Ribon Zôkan)
Kyabetsu hatake no isan sôzokunin (Moto Hagio, Bessatsu Shôjo Comic)
1974
Murasaki-iro no tobira (Kyôko Okumoto, Bessatsu Shôjo Comic)
Unicorn no yume (Moto Hagio, Bessatsu Shôjo Comic)
Time travel (Sachiko Asuka, Shôjo Comic)
Tobe! Pegasus (Kyôko Ariyoshi, Margaret)
1975 (Fondation du Comiket)
Nejireta jikan (Shizuko Okutomo, Ribon Comic)
Gylbester no hoshi kara (Keiko Takemiya, Bessatsu Shôjo Comic)
Akai kiba shôjo Ran (Masahiro Shibata, Bessatsu Margaret)
Chô-shôjo Asuka (Shinji Wada, Bessatsu Margaret)
11 ni iru! (Moto Hagio, Bessatsu Shôjo Comic)
1976
Chôjin-jima (Aiko Itô, Bessatsu Shôjo Comic)
Gulliver fû de ikaga? (Kaoru Oikawa, Ribon Zôkan)
Kishi yo… (Shinji Wada, Mimi)
Zoku 11 ni iru! Higashi no chihei, nishi no eien (Moto Hagio, Bessatsu Shôjo Comic, ~1977)
Eve no musuko-tachi (Kyôko Ariyoshi, Princess)
Ressources
Kodomo no Shôwa-shi - Shôjo Manga no Sekai I, Heibonsha, 1991. p.104~107.
Sengo SF Manga-shi, Yoshihiro Yonezawa, Chikuma Shobô, 2008 (Première édition en 1980).
La SF de Keiko Takemiya avant Destination Terra
Au début, je pensais profiter de ce billet pour parler du développement du shôjo manga de SF et évoquer comment s’y insère Keiko Takemiya, en racontant un minimum son parcours jusqu’à Destination Terra. Mais je me suis retrouvé empêtré dans plusieurs soucis. Le plus gros étant que













